HISTOIRE DU CHATEAU DU PIN

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NOTICE HISTORIQUE.

Le château du Pin est l’un des monuments les mieux conservés que la féodalité ait laissés sur le sol du Jura. Son énorme donjon surmonté de tourelles et bâti sur la pointe d'une montagne conique domine les riches vallées de la Seille, de la Saône, du Doubs, de la Loue, et se montre véritablement comme le roi de la contrée. Cette forteresse était le siège d'une baronnie considérable que bornaient à l'est les rochers de Baume, les sei­gneuries de Pymont et de l'Etoile à l'ouest, le val de Voiteur au nord et Lons-le-Saunier au sud. Sept villages et plusieurs fermes isolées se trouvaient disséminés sur ce ter­ritoire.

Entre le château du Pin et Mon­tain, s'étend une colline de forme allongée, dont les pentes étaient autrefois couvertes d'habitations formant un village appelé, au xine siècle, le Vieux- Montanoisel. Un château, dit le Château de Garde-Chemin, couronnait la montagne. A quelle époque remontait cette forteresse? On l'ignore. Son nom indique seulement qu'elle avait été bâtie pour protéger des chemins. La voie romaine de Lons-le-Sau­nier à Dole passait en effet pres­que à ses pieds à l'ouest, et celle partant de la même ville pour Besançon en était très rapprochée à l'est. Sur les bords de la pre­mière, proche du village du Pin, on a trouvé des fondations d'édi­fices et des pièces de monnaies aux effigies de Trajan, de Posthume et de Gordien. Un traité passé, en 1053, entre Odon, abbé de Baume, et Etienne Ier, comte de Bourgogne, mentionne déjà le Château de Garde-Chemin, Ce titre seul suffit pour prouver sa haute antiquité.

Seigneurie: La baronie du Pin comprenait le château, le bourg bâti à côté, appelé le bourg de Porte-Joie, le village du Pin, au pied de la montagne, Montain, le Louverot, Lavigny, Rosnay, Pannessières, la Lième, Chille et Feschaux en partie. Le seigneur avait la justice haute, moyenne et basse, avec le droit d'instituer un bailli, un châtelain, un procureur d'office, un greffier, un tabellion, des sergents-maires et des gardes, de publier et sceller les testaments et d'établir le ban des vendanges ; il avait en outre les épaves, la rete­nue, la commise, les lods sur les mutations d'immeubles, en raison du douzième du prix. Les sujets de cette terre étaient la plupart af­franchis de la mainmorte, mais ils devaient de nombreuses corvées, d'énormes cens en grains, en ar­gent, en cire, en poules et en cha­pons. Indépendamment de ces re­devances, de vastes domaines en terres et prés et plus de 3000 ar­pents de bois dépendaient de la baronie. Il existait sur la place publique du Pin, dans un carrefour, un pi­lori auquel était attaché un collier de fer pour la punition des coupa­bles. Le signe patibulaire à quatre colonnes, pour l'exécution des cri­minels, était élevé sur une éminence, près du bief des Combes, en face du grand chemin de Lons-le-Saunier à Besançon.

Sources dictionnaire des communes par A.ROUSSET